Nous décidons de prendre un vol entre Téhéran et dushambe et boycotter le Turkménistan et Ouzbékistan. En effet nous jugeons ces 2 pays comme étant de mauvais compromis (visa long à obtenir à teheran, courte durée dans le pays, prix élevé, pays essentiellement desertiques). Finalement le vol est assez bon marché avec Tajikair. Nous volons dans un vieux B757. La cabine est vetuste, certains capots manquent sur les reacteurs. Tajikair n’est pas la plus recommandable des compagnies mais le vol se passe bien. Nous survolons les étendues désertiques turkmène et ouzbek. L’arrivée à dushambe nous fait un choc aussi bien pour ce qui est des températures fraîches et la taille de la capitale incomparable avec Tehran.

Nous restons dans une auberge nommée green house pendant 2 jours. C’est le repère des cyclistes se lançant sur la pamir highway. Nous rencontrons une quinzaine de cyclistes qui nous racontent leurs péripéties turkmènes et ouzbeks.

Nous obtenons sans difficultés notre permis pour entrer dans la région gbao.

Nous quittons Dushambe par la m41 en direction du Pamir. Nous plantons la tente chez une famille à faizobod. Le grand père de la famille à 6 femmes. Il ne compte même plus ses enfants et petits enfants.

Semaine 24  (Tadjikistan)
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Le lendemain nous plantons la tente dans une petite ferme à obligarm. Les enfants fabriquent des briques de terre afin de monter les murs d’une étable pour abriter les bêtes l’hiver. En s’écartant de la capitale nous commençons à voir la véritable face de ce pays très pauvre. Nous nous arrêtons régulièrement pour montrer notre passeport dans des barrages de police. Le paysage est magnifique malgré une route en piteux état. Désormais il n’y a plus d’asphalte.

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Alors que nous montons peu à peu en altitude nous nous arrêtons une nouvelle fois dans une ferme après chumdon. Les vallées escarpées ne permettent pas la culture. Les paysans doivent monter sur un plateau 300m plus haut pour faucher. Ils descendent le foin par tyrolienne jusqu'à la ferme...c’est impressionnant. Ce soir là on nous propose de dormir sur des tapis dans le salon. Autour de nous il n’y a que les hommes de la famille. Les filles sont battues par leur frères dès qu’elles s’approchent de nous. La pauvreté et la soumission des femmes est omniprésente dans cette zone tajik. Nous rencontrons un japonais sur la route depuis 3ans

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Le lendemain nous quittons la zone tajik et entrons enfin dans la province du pamir. Nous arrivons de nuit aux environs de Kalaykhusan où nous plantons la tente dans un fond de vallée à côté d’un troupeau de 300 chevres. Les bergers nous invitent à manger. Les nombreux patous aboient toute la nuit au moIndre bruit suspect provenant des flancs de montagne..présence de loups et d’ours dans la région. A 2h du matin une voiture tous feux éteints s’arrêtent et 2 hommes inconnus nous demandent de nous reveiller. Louis sort, on l’interroge en russe... puis ils repartent.

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Le lendemain nous explosons notre record avec le passage d’un col à 3258m. L’altitude se fait sentir.nous redescendons en direction de kalaikum. La route serpente entre les champs de mines datant de la guerre civile des années 90. Encore une fois piégés par la nuit nous poussons vers le prochain village. Dans la descente nous croisons un enfant de 15 ans armé d’un fusil de chasse. Il nous propose de planter la tente mais nous refusons et continuons de nuit jusqu’à une caserne/barrage militaire. Là un soldat nous propose de planter la tente en sécurité.

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Nous continuons la descente et arrivons à kalaikum à 50m de l’Afghanistan. Là nous retrouvons un brin de civilisation et un petit peu d’asphalte. La population du Pamir nous semble plus éduquée que celles des zones tajik. Aga Khan, un suisse d’origine Tajik, considéré comme un prophète, a investit financièrement dans la région (universités, accès à l’eau...)

A midi une famille nous invite pour un bon repas. Nous longeons la frontière afghane sur encore 30km et plantons la tente dans le jardin d’une autre famille très sympa. Ce sera notre dernière nuit en tente. En effet nous voyageons légers et ne sommes pas équipés pour le grand froid. Les températures chutent chaque jour un peu plus au fur et à mesure que nous montons progressivement en altitude.

Semaine 24  (Tadjikistan)
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Le lendemain nous roulons 30km et demandons à un chauffeur de camion arrêté sur un parking de nous prendre en stop. Il accepte. S’ensuit 10h et 240km de camion le long de la frontière afghane. La route est étroite et en mauvais état. Le croisement avec les camions chinois en contresens est parfois limite.

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